LA FAMILLE GRASSI AUTOUR DU MONDE

19 mars 2007

Laos suite

27-3 mars : La route qui mène à Luang Prabang est escarpée. Les montagnes magnifiques forment un paysage karstique dans la brume. Entre les petits villages que nous traversons, nous croisons des hommes au bord la route, armés de kalachnikov, pas vraiment pour la chasse ??? Après 5 heures de route sinueuse et panoramique, nous arrivons enfin. Luang Prabang est l’ancienne capitale royale et la plus riche du Laos en monuments religieux avec pas moins de 32 pagodes. Nous saturons sérieusement de visiter des temples et nous préférons profiter de l’ambiance paisible de la ville. A partir de 17 heures, le marché de nuit envahit la rue principale. Quelques femmes des minorités Hmong viennent vendre des vêtements, des sacs et des pièces de tissu à motifs traditionnels. Il y a aussi de nombreux articles souvenirs provenant de Chine, les immanquables tee-shirts, beer Lao, same same but différent,…. Nous prenons vite l’habitude d’arpenter ce marché de nuit qui devient aussi notre cantine. De nombreux cantines de rue, où s’affairent des cuisinières, proposent de manger sur place des brochettes de viande (porc, poulet ou Buffalo) ou de poisson ainsi que des assiettes de légumes, de riz et de pâtes. Les enfants vont chacun à leurs vendeuses favorites pour le riz gluant, une autre pour le blanc de poulet grillé sans oublier le dessert à une petite mamie qui vend de délicieuses gaufres à la noix de coco.  IMG_5239 Le jour suivant Laurent se lève très tôt et arpente les rues de Luang Prabang de nuit. A partir de 5h30, petit à petit le marché du samedi se met en place. Ca lui rappelle celui de Bagnères, quand les paysannes viennent vendre leurs produits.
Dans la rue principale, entourée de nombreux temples, commence un étrange manège. De nombreux petits vendeurs vous proposent des petites chaises basses, des pots de riz gluants, des compositions florales. Ce sont les offrandes que l’on remet aux moines. Tous les matins, les jeunes moines présentent leur soucoupe, et chaque personne y met une poignée de riz sur leur passage, et/ou une brique de lait, et/ou des sucreries, et/ou des fruits et/ou un billet. Aujourd’hui samedi, le nombre de touristes asiatiques est très important et le balai de minibus qui déposent leurs clients n arrête pas. Tout le monde est assis aligné sur le même trottoir en attendant les moines pour recevoir leur bénédiction. Cela relève parfois du cirque, malgré les nombreuses affiches dans la ville demandant un certain respect pendant ce cérémonial. On comprend mieux le caractère religieux de cette ville « sainte ». IMG_5289 IMG_5329

Luang Prabang est inscrit au patrimoine de l’Unesco grâce à ses temples spécifiques aux toits a 3 ou 4 pans, qui descendent très bas. De nombreuses et jolies maisons en bois font l’objet de rénovation ainsi que les petites venelles. Nous nous baladons en vélo, et découvrons au hasard une rue un temple, un moine en contemplation, un moine qui dessine, l’école des beaux arts, ...Nous apprécions de flâner dans cette ville. Nous avons pris l’habitude de petit déjeuner dans une cantine proche de la pension où nous nous régalons de baguettes croustillantes réchauffées au feu de bois avec beurre et confiture, de vache qui rit et des beignets de bananes sans oublier l’excellent café lao. Nous négocions avec nos amis argentins un bateau à moteur pour remonter le Mékong et se promener dans les villages environnants. Nous visitons la grotte Pak ou, aux centaines de bouddhas (bof, surfait), et 3 villages : un produit le whisky lao (whaouuuuuu), un autre connu pour la fabrication de papier et le 3eme pour la fabrication de pièces de tissu coton/nylon/soie. Nous observons les femmes entrain de tisser: un travail long, méticuleux et difficile. Les pièces de tissu de soie de Luang Prabang sont très réputées. Un français résident nous conseille de les acheter ici plutôt que d’attendre le Vietnam ou la Chine, belle soie aussi mais faite industriellement. Ensuite, les enfants apprécient le processus de fabrication du papier : on prend les écorces de bananier que l’on trempe dans l’eau pour les ramollir, ensuite tannage de l’écorce qui permet de sortir les fibres qui seront ensuite étalées sur un cadre bois, à plat. Le plus souvent y sont déposés des feuilles, des pétales de fleurs, des fougères ce qui fait du très joli papier. Une fois l’évaporation terminée, le papier finit de sécher au soleil et sera ensuite destiné aux touristes sous formes de cahier, d abat jour, de paravent décoratif, de carnet de
voyages, etc…. IMG_5147 IMG_5183 IMG_5094 IMG_5109
Le lendemain, nous allons en tuk tuk passer la journée aux chutes de Khouang-See toujours accompagnés d’Agustina et Juan Pablo. Les chutes sont très belles et l’environnement très bien aménagé. Cela nous rappelle Aqua azul au Mexique. On voit également un moulin à eau actionnant un battoir à riz. Baignade, pique nique et visite d’un centre de secours d’animaux sauvages en voie de disparition. Nous verrons le fabuleux tigre du Bengale, et quelques ours noirs d’Asie au collier blanc en V. Ce sont tous des animaux recueillis suite à l’arrestation de braconniers ou de confiscation à la frontière. Les ours sont très recherchés en Chine pour leur bile, qui aurait de nombreuses vertus médicales IMG_5413 IMG_5464

04-09 mars

Nous décalons notre vol Luang Prabang/Hanoi du 7 mars au 12 mars seule date disponible. Ces quelques jours supplémentaires nous permettent de faire le nord du Laos, même si nous aurions voulu seulement 2 ou 3 jours de plus. C’est aux petits villages de Muang Ngoy puis Nong Khiaw plus au nord que nous terminerons notre séjour au Laos. Munog Ngoy est seulement accessible par petit bateau à fond plat permettant de passer les quelques rapides de la Nam Ou. Nous sommes venus nous reposer ici car supposé calme sans voiture ni mobylette. Mais les coqs sont presque aussi nombreux que les habitants. Vous avez droit à un réveil à règle à partir de 5h du mat quand il y n’y a pas un qui essai aussi à 2 et 3 H du mat. Où est le fusil ?
Nous sommes accueillis dans une guest house Aloun May, tenu par une jeune couple, dont la maîtresse de maison est aussi institutrice. Malheureusement elle ne comprend pas l’anglais. Seul son mari le parle. Nous nous régalons avec du riz au lait chaud aux bananes coco et ananas. Les enfants se promènent librement et font des parties de foot avec les gamins du coin. Ils découvrent aussi le sport national, qui se joue avec une balle en osier qu'on ne doit toucher qu'avec les pieds ou les genoux et la renvoyer au dessus d’un filet de volley ball. Nous en profitons pour nous promener jusqu’aux villages les plus proches (1H30) à travers les champs de rizières desséchés. Nous photographions de jolis papillons. On offre quelques gâteaux à deux gamins qui jettent leur filet de pêche le long du ruisseau et mettent leur maigre butin dans un panier en osier accroché à la ceinture, juste de quoi faire un peu de friture. Chaque poisson pris ne doit pas faire plus de 3 cm. Les pécheurs se plaignent que le poisson devient moins abondant d’année en année.  En fait les poissons n’ont pas le temps de frayer et de se reproduire. Mais tout cela est bien loin de leur préoccupation principale qui est de vivre au jour le jour.
L
e marché du samedi, une fois tous les 10 jours est l’occasion pour tous de faire ses petites emplettes auprès des quincailliers chinois, des vendeurs de slip, des vendeurs de savonnettes et de lessive, et ceux de bottes et sandales « very cheap ». Aurélien achète une petite voiture made in china qui tiendra exactement 30 minutes avant de se désintégrer. Dans de nombreuses cours de maison, des carcasses d’obus largués autrefois par les Américains servent de décoration. Nous avons du mal à expliquer aux enfants pour pourquoi les américains ont bombardé en secret ce jeune pays. Plusieurs villes ont été complètement rasées. « Les villageois se réfugiaient dans des grottes et cultivaient le riz de nuit. Lorsque leur cachette était repérée, elle était impitoyablement bombardée (une bombe dans une grotte, ça ne laisse pas de survivant!). Tout cela pour éradiquer le communisme. » IMG_5605 IMG_5499  Ah j’oubliais ! Nous avons aussi fait de nombreuses parties de pétanque avec les enfants, Aloun et ses amis. Nous n’avons pas été ridicules mais ils ont de l’entraînement.
On attend encore la belle pour déterminer qui paiera l apéro. Un stop au village de Nang Khiaw permet à Laurent d’inaugurer en premier Phalang (touriste) le sauna traditionnel lao aux herbes. Il est avec 3 petites vieilles qui résistent mieux que lui à la chaleur. Super moment.
Le retour à Luang Prabang se fait dans un jumbo, camionnette bâchée, entassée à 24 assis sur un banc, les pieds qui baignent dans le jus de poisson qui décongèle. Après ce voyage éprouvant, nous sommes contents de retourner au marché de Luang Prabang déguster nos dernières brochettes et acheter quelques souvenirs en soie.

Le Laos n’a pas été à la hauteur de nos espérances. L’accueil de la population change avec l’affluence des touristes, et pas toujours dans le bon sens, éternel problème des revers du tourisme dans les pays pauvres. Nous avons quand même pris le temps de nous reposer, ce que nous ne savions pas faire au début de notre voyage.                    

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12 mars 2007

Au pays des Milles Elephants

Sabaï dii !!!

Le passage de la frontière laotienne se fait à pied au milieu de la foret. Au poste, les douaniers nous réclament un $ par passeport. Sûrement pour arrondir leurs fins de mois. Le minibus qui nous transporte tombe en panne à mi chemin et nous restons en plein soleil à attendre. Heureusement, le chauffeur connaît bien les défauts de son minibus et se met à réparer tranquillement son problème électrique. C’est reparti. Le paysage de rizières environnant est très sec, nous n’avons toujours pas vu de rizières en eau depuis notre arrivée en asie. Le dernier tronçon se fera en pirogue à moteur jusqu aux 4000 îles. C’est un ensemble d’îles à l’extrême sud du Laos au bord du fleuve du Mékong. Nous accostons sur l’île de Don Det qui se résume à une simple rue en terre où les 200 habitants qui la peuplent proposent à peu près tous des guesthouses.


Nous decidons de rester 3-4 jours pour se reposer et commençons par nous détendre avec une incursion dans la gastronomie laotienne : poisson grillé, laap laap, sticky rice, … Le laap est une salade composée de viande ou de poisson haché assaisonnée au citron vert et au piment. Elle est aussi accompagnée de riz gluant de couleur noire ou blanche qui se mange avec les mains, ce qui plaît beaucoup aux enfants. Aurélien voit que le patron possède des cannes à pêche et à une grosse envie d’essayer. Aussitôt dit, aussitôt fait. Ici tout est simple : on peut manger ou boire à n’importe quelle heure et c’est ma foi bien agréable ! Ce qui l’est moins par contre, c’est de s’endormir avec le bruit du groupe électrogène qui fournit l’électricité et se réveiller à l’aube avec les moteurs des barques des pêcheurs. Nous louons des vélos pour sillonner l’île et atteindre l’île de Don Knone beaucoup plus paisible. Paysage de rizières sèches, palmiers, fougères, bois exotiques en tout genre. Nous apercevons quelques ruines, une vieille locomotive et un pont, vestiges de la présence française. Les enfants peuvent circuler sur ces îles sans danger, il n’y a pas de voiture. Nous continuons à lézarder sur une terrasse d’un restaurant tenu par un lao parlant très bien le français. Nous en profitons pour mieux comprendre l’histoire du pays. Comme beaucoup d’autres après l’occupation française, il est allé faire ses études d’ingénieur en URSS. Le lendemain, Aurélien va faire une ballade en kayak avec son papa : il adore ça. Nous quittons l’île en barque au bout de trois jours direction plateau des Bolovens.
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Apres 3 changements de moyens de transports, nous arrivons au petit village de Tad Lo. Nous nous y sentons bien tout de suite. Le site est connu pour ses belles chutes d’eau ou on peut se baigner. La GH est sur le bord de la rivière d’où nous voyons toute la vie du village. Les enfants du village passent leur journée dans l’eau et n’hésitent pas à prendre la pose photo pour nous. IMG_4268  Depuis la terrasse de la GH, au breakfast, nous observons deux garçonnets qui se sont construit un radeau avec des restes de coupe de bois. Le lendemain matin, ils rajoutent un siège avec des morceaux de polystyrène récupéré on se sait où. Laurent plaisante et pari que demain matin ils auront une voile et le surlendemain un moteur. Ici on se régale à voir l’ingéniosité des enfants pour jouer.
Anthony et Aurélien se sont fait acceptés par les enfants du village et n’arrêtent pas de jouer à trappe trappe ou au Saï près de la rivière. Le Saï que avons ramené du Cambodge, est un volant de plumes à ressort qu’on se renvoie uniquement à l’aide des pieds. Tout le monde rit bien et nous décidons de rester plus que prévu.
Nous faisons notre première ballade en éléphant. C’est un véritable 4X4, il traverse la forêt de bambous ainsi que les rivières sans aucune difficulté. Le cornac appuie en permanence avec ses jambes derrière ses oreilles, s’arrête pour le laisser boire et prendre sa douche dans la rivière ou attraper une branche pour manger de temps en temps. Tout le monde est ravi sauf Aurélien qui trouve cela « ennuyant », « pas assez rapide ». IMG_4359 Nous allons nous promener jusqu’aux villages voisins en remontant la rivière au bord de laquelle les villageois cultivent leur parcelle de jardin. Apres 2 H de marche et de terrain d’aventure, nous atteignons une falaise avec une chute d’eau mais à ctte epoque ce n’est qu’un mince filet d’eau. Il fait très chaud et nous obligeons les enfants à boire beaucoup. IMG_4429

Nous consacrons le dernier après-midi à la visite du village de Houey Houn habité par des Katous. Leur particularité est de confectionner de leur vivant un cercueil en bois ou en ciment pour chaque membre de la famille. Les femmes tissent du coton avec des perles sur des métiers rudimentaires en tendant leur trame avec leurs jambes. Nous sommes aussi dans une région réputée pour son café que l’on voit sécher sur la place du village.
Nous sommes dans une des régions les plus pauvres du Laos et voyons de nombreuses malformations, des gloîtres énormes et des enfants avec de nombreuses plaies purulentes. Martine est touchée par le cas d’une gamine de 14 ans. Sa mère, vendeuse de tissus l’amène dans sa maison et lui montre sa petite fille très malade, peut être une crise de malaria. Malheureusement, ce n’est sûrement pas un cas isolé dans le village. Ici la malaria (palu) fait des ravages, un enfant sur 5 meurt avant 6 ans. Martine lui donne de l’argent pour payer le transport jusqu’à l’hôpital et les médicaments nécessaires, en échange elle nous donne un tissu brodé de perles. En espérant que cet argent ira réellement au soin de la petite fille. En tout cas, nous pensons que cet argent sera bien utilisé pour la famille, au contraire de ce que nous avions vu en Bolivie, ou les hommes buvaient les quelques économies. Dans ces moments là, on peut mesurer à quel point notre système de santé est précieux.IMG_4568 IMG_4549
Le chauffeur nous amène ensuite dans un petit marché typique ou nous sommes les seuls touristes. Nous découvrons les brochettes de lézard séché, des grenouilles vivantes entassées dans un sceau, brochettes de chauves souris, des serpents, des rats et des écureuils.   

Afin de remonter vers le nord, nous rejoignons Paksé. Aurélien a un gros coup de fatigue et une baisse de moral et nous dit qu’il ne veut rien faire. Les troupes se séparent : maman reste avec Aurélien, Laurent part en moto avec Anthony jusqu’aux chutes de Tad Fan puis visiter les exploitations de café. C’est sur le plateau des Bolovens au début du XXe siècle que les français ont introduit la culture du café, du caoutchouc et des bananes. Contrairement au Guatemala ou tout le café est destiné à l’exportation, les Laotiens servent un café de grande qualité que nous dégustons souvent. Laurent et Antho font la rencontre d’un groupe de jeunes qui pique nique au bord de la chute et dégustent ensemble les mets. Ensuite baignade, pour tous. 120 Km de moto dans la journée nous auront permis de voir les différentes étapes de la récolte du café, et même visiter les entrepôts d’une grosse entreprise. Seul bémol, il y a beaucoup d’enfants qui travaillent au tri des grains. Tout le monde est content de sa journée, ça fait du bien de se séparer de temps en temps. Le soir même, nous prenons un bus couchettes pour remonter jusqu’à la capitale Vientiane.

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Posté par famillegrassi à 07:03 - 98 Laos - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
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